HISTORIQUE ET ÉVOLUTION DES CDI  HISTORIQUE ET ÉVOLUTION DES CDI  HISTORIQUE ET ÉVOLUTION DES CDI

 

Introduction

I)Préhistoire des CDI jusqu'aux années 60

II)Phase expérimentale 1960/1973

III)Phase de" consolidation: les années 70

IV)Création du centre de documentation et d'information

 

Introduction

Depuis quelques années, le Ministère de l’Éducation Nationale au Maroc accorde une importance accrue à la bibliothèque scolaire. Les notes ministérielles : 199, 187, 15 parues respectivement en 1991, 1992 et en 1993 illustrent bien ce regain d’intérêt pour la bibliothèque, laquelle est appelée à jouer un rôle fondamental au sein de l’établissement scolaire. Néanmoins, il a été remarqué une certaine confusion due, sans aucun doute à une incompréhension voire une méconnaissance totale de toutes ces nouvelles appellations trop utilisées actuellement dans le jargon scolaire. Nous citons à titre d’exemple, le C.D.I ( Centre de Documentation et d’information ), la B.C.D ( Bibliothèque – Centre Documentaire ) et la B.C.D.I ( Bibliothèque – Centre Documentaire d’Information ). Ce dernier cas n’est fréquent que dans les établissements scolaires regroupant les deux cycles du Fondamental et relevant du service culturel français.

L’objectif escompté par cet humble écrit, est de dissiper cette ambiguïté, de définir chacune de ces appellations tout en retraçant l’historique du Centre de Documentation et d’Information. Cet article s’articule autour de cinq axes dont quatre retracent l’historique du C.D.I depuis la réflexion sur sa création jusqu’au jour de sa naissance. Le cinquième axe est consacré à la définition de la B.C.D relevant du niveau primaire.

I)Préhistoire des CDI jusqu'aux années 60

Le C.D.I est un lieu du livre et de l’information, un lieu d’échanges et d’ouverture vers l’extérieur. Dans un établissement scolaire, ce lieu a pour mission de répondre à deux objectifs majeurs :

  1. Mettre des ouvrages imprimés et audiovisuels à la disposition des utilisateurs, enseignants et élèves.
  2. Permettre à l’établissement d’avoir une fenêtre sur son environnement immédiat.

Voilà ce qui résume, les fonctions principales du C.D.I. Néanmoins, force est de constater qu’avant d’atteindre cette maturité le C.D.I est passé par plusieurs étapes ; ces " ancêtres " la bibliothèque des classes, la bibliothèque des enseignants et le service de Documentation Administrative avaient parcouru des sentiers difficiles.

Effectivement, juste après la deuxième guerre mondiale se posait le problème de la censure ; fallait -   il tout mettre entre les mains de l’élève ? Certains ouvrages ne devaient pas figurer dans les bibliothèques scolaires d’où la censure de fait et puis la séparation entre la bibliothèque des classes et celle des enseignants, laquelle séparation dura jusqu’aux années 60. Encore faut –il rappeler l’existence parallèle du Service de Documentation Administrative recommandé depuis 1958.

Ces trois services cohabitaient dans un même établissement scolaire, exerçant chacun une fonction propre ;

La bibliothèque des classes était gérée par l’enseignant, les élèves échangeaient les livres qu’ils avaient eux – mêmes apportés, auparavant.
La bibliothèque des enseignants : on y disposait d’un fonds documentaire important et où – chose paradoxale- le pédagogique n’était point dominant. Le changement qui s’opéra ultérieurement parvint à combler cette lacune ; la bibliothèque des enseignants se fixa comme objectif de fournir à ces derniers les outils de travail dont ils avaient besoin afin de pallier l’insuffisance de leurs salaires, leur permettre d’entretenir leurs informations et d’adapter leurs connaissances au rythme de l’évolution intellectuelle et scientifique.
Le Service de Documentation Administrative contenait des textes réglementaires, des documents pédagogiques, des documents officiels ou para-officiels. Son but était de répondre aux besoins techniques des enseignants, car l’information sur le Ministère de l’Éducation Nationale augmentait : les filières, les structures, les horaires, l’orientation et les programmes ; tout commençait à bouger. IL fallait classer toutes ces informations et les mettre à la disposition des personnels enseignants. De même que la bibliothèque des enseignants, le Service de Documentation Administrative n’était pas géré par un personnel qualifié ; ils n’étaient pas considérés comme des services indispensables d’où la création de cette tradition : "  L’utilisation de l’échec professionnel comme mode de recrutement dans l’Éducation Nationale ". 

A la fin des années 50 et le début des années 60 un constat s’imposait ; il y avait montée en puissance de l’information, accroissement et diversification des supports, outre le changement fréquent des manuels en fonction de la modification des programmes. La documentation pédagogique s’accrut et les revues scientifiques et pédagogiques augmentèrent en nombre et en importance. Il y avait également, une prolifération des supports audiovisuels : les photos, les diapositives, les disques, la radio et la télévision, aussi le besoin de gérer se faisait – il de plus en plus sentir. Ainsi, l’idée de créer une bibliothèque scolaire opérationnelle axée vers les enseignants et les élèves notamment, commençait à germer dans l’esprit des responsables de l’Education Nationale. En 1949, une inspectrice préoccupée par le problème de l’internat, favorisa la création d’une bibliothèque scolaire destinée aux élèves internes.

1958 est la date de la création du " Centre Local de Documentation Pédagogique " C.L.D.P, à titre expérimental dans un lycée, et comme l’expérience a été favorable, elle fut étendue à d’autres établissements. Quelques années plus tard, le C.L.D.P fut rebaptisé " Service d’information "S.I.

Néanmoins, le problème que les responsables voulaient résoudre, persista, ce service comme les autres, était destiné plus particulièrement aux enseignants.

II)Phase expérimentale 1960/1973

La montée en puissance de l’information dans toute sa spécificité mit l’enseignant dans une situation fort délicate. Il s’est trouvé dans l’incapacité de dominer voire, d’acquérir toutes les informations de sa discipline. Il avait donc, besoin d’un personnel qualifié et compétent et d’une structure appropriée pouvant l’y aider. Afin de remédier à cette situation, deux mesures furent prises :

A – Le regroupement des ressources initialement réparties entre le Service de Documentation Administrative, la bibliothèque des enseignants et celle des élèves. Toutefois, le problème de la Documentation Administrative se posait avec acuité ; où inclure cette documentation ? Comment la définir ? …etc.

B - Le recrutement des personnels spécialisés dans la gestion documentaire, dont le seul point était la motivation. Car ils étaient tous d’origine différente avec des diplômes différents. Afin d’assurer leur compétence, on leur fit passer des stages de formation. Mais leur situation n’en demeurent moins ambiguë puisqu’ils n’étaient soumis à aucun examen de titularisation comme ils n’avaient pas de statut reconnu.

 

Entre 1966 – 1967 : Le S. I ( Service d’Information ) changea d’appellation et devint Le " Service de Documentation et d’Information " le S. D.I.

1967 est la date de la reconnaissance officielle du rôle du S.D.I ; ce service permettait la diffusion de l’information en direction du personnel enseignant, des élèves et des parents.

Pour ce qui est responsable de la bibliothèque scolaire, il resta longtemps considéré comme prestataire de service et non point comme un pédagogue. Le problème de la titularisation ne fut réglé plus tard avec la création du CAPES en 1990, qui dissipa ce sentiment d’injustice et de frustration qu’il éprouvait auparavant.

III)Phase de" consolidation: les années 70

1er constat : Les années 70 connurent les conséquences de ce qu’on appelait à l’époque, " l’explosion scolaire " dont l’ordonnance de 1958 prenait déjà acte. La totalité de la classe d’âge des élèves était scolarisée jusqu’à 16 ans dans les lycées et les collèges d’enseignement général depuis 1959, et un peu plus tard dans les collèges d’enseignement secondaire. En 1977, on procéda à l’organisation du collège unique.

Tous ces changements qui s’opérèrent au sein de l’école aboutirent à un changement des mentalités. Le public n’était plus le même, les besoins non plus ; l’école était appelée à s’y adapter.

2ème constat : Les médias prenaient de plus en plus d’importance, le développement du cinéma, la prolifération des disques et la place importante que la télévision occupait dans les foyers, tout cela a donné naissance à ce que certains appelèrent à l’époque, " l’école parallèle ". Il n’était plus possible de faire comme si elle n’existait pas, quelle que soit la nostalgie que chacun pouvait avoir de l’école

protégée et du maître seul détenteur du savoir, l’école devait évoluer. Les objectifs qu’elle s’était assignés, étaient en train de changer… Un nouveau vocabulaire intégrait peu à peu le domaine pédagogique et didactique. Une nouvelle formule les instances éducatives : " Apprendre à apprendre " afin de compenser les lacunes inhérentes au milieu des apprenants. Il fallait alors, doter les élèves des éléments d’information et les méthodes de travail que les familles n’étaient pas toutes capables de leur dispenser. Il fallait leur apprendre les méthodes de recherche active et d’apprentissage autonome, méthodes qui leur permettent d’intégrer toutes les informations en provenance des médias.

Le C.D.I était au cœur de cette problématique, ses fonctions qui seraient déterminées plus tard, répondaient à ces besoins.

IV)Création du centre de documentation et d'information

Le C.D.I est le fruit d’une gestation longue et lente, il est l’héritier des bibliothèques scolaires et des méthodes actives.

Une circulaire du 23 mars 1973, cf. bulletin officiel du 5-4-1973, recommandait l’implantation du Service de Documentation et d’Information "  S.D.I " dans chaque établissement d’enseignement secondaire et dans chaque école normale d’instituteurs. Les instructions figureraient dans un texte de mars 1974.

Cette instruction allait de pair avec la réflexion sur la construction ; c’était l’époque où l’on construisait un collège par jour ? ? ?. Un texte de février 1974 fournit des schémas et des normes de construction pour des établissements scolaires à espace aménagé où un effort particulier était porté sur les espaces documentaires. Les responsables de la Documentation considèrent cette période comme celle de la naissance du C.D.I ; ils affirment qu’à partir de 1974 le C.D.I a intégré la bibliothèque scolaire à la documentation.

Effectivement, vers la fin de 1974, un texte publié sous le sceau de la Direction Générale de la Programmation et de la Coordination servirait de base à la réflexion sur le S.D. I, que traduirait par la suite le changement d’appellation " C.D.I ". Il ne s’agit plus d’un service annexe et auxiliaire, mais d’un centre dans le sens vaste du terme : un lieu central, un foyer d’animation et un carrefour de la vie active et de l’activité pédagogique.

Ainsi, le concept est stabilisé, il comprenait quatre missions :

Le C.D.I est un espace central de documentation pédagogique, écrite ou audiovisuelle, diffusée en direction de plusieurs publics notamment, les élèves et les enseignants. La distinction entre la bibliothèque des élèves et celle des enseignants commençait alors à se dissiper.
Le C.D.I est un centre de relations publiques internes et externes, c’est ce qui le différencie d’ailleurs, de la bibliothèque scolaire dans sa conception ancienne, du Centre Local de Documentation Pédagogique " C. L.D.P. ", du Service d’Information " S.I " et du Service de Documentation et d’Information " S.D.I ". Le C.D.I s’ouvre sur l’extérieur de l’établissement.
Le C D. I. est un centre socioculturel ouvert sur l’environnement immédiat de l’établissement. On y aborde les problèmes des élèves et on y prépare comme on y diffuse toutes les activités culturelles qui touchent la ville ou le village.
Le C. D.I est un centre d’expérimentation pédagogique et de développement, on peut citer à titre d’exemple les quelques activités qui y sont appliquées : l’application de certaines méthodes de lecture et des cours de remédiation pour des élèves à problèmes.